Commotion cérébrales: des tests de mémoire dans le hockey junior

16 janvier 2012 Écrit par Pierre Pelchat, Le Soleil du 16 janvier 2012

Les joueurs de hockey de la Ligue junior majeur du Québec ne doivent pas subir que des examens médicaux avant le début d'une saison. Depuis trois ans, ils doivent s'astreindre à des tests de mémoire, de concentration, qui serviront de balises pour évaluer s'ils sont bien remis à la suite d'une commotion cérébrale.

Selon la neuropsychologue Geneviève Boulard, ces tests sont nécessaires parce que les examens neurologiques traditionnels dans un hôpital ne peuvent pas confirmer avec certitude que le cerveau n'est pas ou n'est plus affecté par une commotion.

«L'examen neurologique va être normal dans 99 % des cas. On n'est pas capable de voir les effets d'une commotion avec une tomodensitométrie. Il y a une limite aux tests médicaux traditionnels. C'est pour ça qu'on fait appel aux neuropsychologues dans le cas de commotions cérébrales», a-t-elle expliqué.

Les tests cognitifs visent à évaluer les niveaux d'attention, de concentration, la capacité à résoudre des problèmes et celle du cerveau à réagir rapidement. Ce sont des tests visuels et auditifs. Ils peuvent être faits sur l'écran d'un ordinateur ou avec un crayon.

Un exemple : on lit une liste de 15 mots, et le joueur doit les nommer. On répète l'exercice à quelques reprises pour dresser la liste au complet ou presque.

Si les réponses sont moins bonnes ou moins rapides après une commotion, on en déduit que le joueur n'est pas suffisamment remis, même s'il ne présente pas de symptômes, dont des maux de tête, des étourdissements.

Lobes du cerveau

Un autre exemple est celui d'identifier une série de couleurs à partir de blocs, de mots. Ainsi, il faut dire «bleu» quand les lettres du mot noir sont en bleu. «On demande la couleur. Il ne faut pas lire. Ce n'est pas naturel. On vient forcer les lobes du cerveau. Ce sont les plus sensibles, les plus vulnérables aux impacts. L'exercice est toujours chronométré», a indiqué Mme Boulard.

De son côté, Philippe Fait, qui détient un doctorat sur les commotions cérébrales à l'Université Laval, fait passer des tests de motricité, d'équilibre aux joueurs à l'aide d'un appareil, ainsi que des tests à l'effort. «Si un joueur a encore les effets d'une commotion, c'est très difficile pour lui de faire ces tests», a-t-il dit.

On va même plus loin en demandant aux joueurs de faire deux tests ou exercices en même temps. «Après une commotion, un joueur peut avoir de bons tests cognitifs et des bons tests à l'effort, mais ça peut être différent quand on mixe les deux tests en même temps. C'est plus difficile», a indiqué l'expert. La durée des tests en début de saison est d'une heure et demie. «Après une commotion et une fois les symptômes disparus, c'est plus long. On va plus en profondeur. On peut même trouver des déficits d'attention», dit Philippe Fait.

Il est question que ces tests cognitifs soient étendus aux joueurs de hockey élite plus jeunes des niveaux midget AAA, midget espoir et bantam AA. «Hockey Québec nous a approchés à ce sujet. Il y a des discussions.

«L'idée est d'avoir un dossier médical complet qui n'inclurait pas juste les commotions cérébrales, mais aussi les autres blessures. Cela éviterait de recommencer les évaluations quand le joueur arrive dans le junior», dit M. Fait.

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