La physiothérapie à la suite d’un AVC

Définition et signes d’un AVC

L’accident vasculaire cérébral, mieux connu sous le nom d’AVC, frappe environ 20 000 personnes par année au Québec et consiste en une diminution importante (voire un arrêt) de la quantité de sang acheminée au cœur ou au cerveau (1). Il est crucial de savoir reconnaître les signes d’un AVC, les premières minutes et premières heures étant cruciales pour la vie de la personne, mais également pour réduire les impacts physiques et psychologiques sur les activités de la vie quotidienne et au travail. En effet, 1,9 million de cellules cérébrales meurent dans les premières minutes qui suivent un AVC, selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (2). La Fondation suggère l’acronyme « V.I.T.E » pour vous aider à reconnaître les signes d’un AVC et réagir rapidement.

 Physio suite AVC

Suivre des cours de réanimation cardio-respiratoire (RCR) peut vous outiller pour vous permettre de réagir adéquatement en attendant les ambulanciers et de maintenir une certaine circulation du sang auprès de la personne inconsciente grâce à des compressions cardiaques et à la technique du bouche-à-bouche. Différents cours sont offerts à la population générale ne travaillant pas dans le domaine de la santé.

Séquelles possibles d’un AVC

Selon l’endroit, la sévérité de l’AVC subi, le délai de prise en charge à l’hôpital et différents facteurs environnement et personnels, les séquelles possibles d’un AVC vont varier. Elles peuvent toucher aussi bien vos habiletés à comprendre et à communiquer que vos émotions, votre mémoire, votre vision, votre équilibre, votre capacité à bouger les jambes et les bras, votre coordination et plusieurs autres aspects neurologiques (3). Une équipe multidisciplinaire (composée de médecins, infirmières, physiothérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, etc.) encadre la réadaptation initiale. Des physiothérapeutes formés pour la prise en charge à la suite d’un AVC peuvent vous accompagner aussi bien dans les premiers jours à l’hôpital que dans les premières semaines et premiers mois en centre de réadaptation suivant l’événement (la majorité de la récupération se fait dans les premiers 3 à 6 mois après l’AVC (3) ) ou lorsque vous êtes de retour à votre domicile.

Physiothérapie et AVC

Lorsque vous venez consulter en physiothérapie à la suite d’un AVC, nos physiothérapeutes font une évaluation complète fonctionnelle de vos capacités, c’est-à-dire qu’ils dressent un portrait actuel de ce que vous êtes capable de faire et des difficultés rencontrées dans des mouvements et activités importantes pour votre autonomie. Ils peuvent ensuite vous guider dans des exercices visant à améliorer votre force; la précision de vos mouvements; l’équilibre dans vos déplacements et lorsque vous êtes debout, immobile; votre distance de marche; votre façon de marcher avec ou sans accessoire de marche et bien plus encore.

N’hésitez pas à nous contacter pour avoir plus d’informations et restez à l’affût des signes!

Références

  1. http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/traumatismes-et-traumatologie/avc/
  2. http://www.coeuretavc.ca/avc/signes-de-l-avc
  3. Evidence-based review of Stroke rehabilitation, http://ebrsr.com/sites/default/files/Chapter 3_Background Concepts in Stroke Rehabilitation.pdf

Commotions cérébrales: «Une insulte au cerveau»

30 novembre 2012 Écrit par Steve L’Heureux, Le nouvelliste, 30 novembre 2012

«Souvent les gens ne prennent pas ça au sérieux, les commotions cérébrales. Pourtant, il n'y a pas de petite ou de grosse commotion; la moindre commotion est une insulte au cerveau.»

Professeur au Département des sciences de l'activité physique à l'Université du Québec à Trois-Rivières, Philippe Fait s'intéresse à la question depuis plusieurs années; il a notamment travaillé - et travaille encore - avec les équipes nationales de hockey et de ski acrobatique, entre autres.

«Je me suis rendu compte que même si les athlètes ont suivi les protocoles de retour au jeu après une commotion, ils ne se sentent pas comme avant, a-t-il constaté. Ce n'est pas parce qu'il n'y a plus de symptômes que la commotion est réglée; il reste des symptômes cognitifs. Le temps de réaction peut être plus lent, par exemple, ce qui augmente les risques de subir une autre blessure.»

À peine de retour d'un colloque international en Suisse, M. Fait constate que les mentalités ont évolué depuis quatre ans. «Avant, on pouvait dire à un joueur professionnel qu'il pouvait retourner au jeu dans la même partie, mais plus maintenant. Il ne peut plus revenir au jeu la même journée, et doit attendre au moins 24 heures avant que les premiers symptômes apparaissent.»

La blessure subie par Sidney Crosby a ramené la question à l'ordre du jour. «On n'a jamais autant entendu parler des commotions cérébrales dans les médias que ces deux dernières années, Quand tu vois un athlète professionnel comme lui prendre le temps de guérir d'une commotion, ça a un impact direct chez les jeunes, souligne-t-il. Il ne faut pas oublier qu'on recense 5000 fois plus de commotions cérébrales dans les rangs mineurs que chez les pros.»

Mais entre un hockeyeur ou un joueur de football professionnel et un jeune de 14 ans, le processus de guérison est bien différent. «Pour un athlète adulte, on prévoit de 6 à 10 jours, mais pour un jeune de moins de 18 ans, dont le cerveau est encore en développement, ça prend plus de temps à récupérer: un minimum de deux semaines, dont une semaine complète sans symptômes.»

«Quand on subit une commotion cérébrale, ça peut aussi provoquer des atteintes au niveau cervical, où les vertèbres sont très petites. Ça peut provoquer des symptômes semblables à une commotion cérébrale; si on a les deux, la résorption est encore plus longue. Il faut régler les deux problèmes avant que la personne retourne au jeu.»

Pour un jeune, le retour à la compétition sera obligatoirement précédé par un retour en classe. «Il faut qu'il revienne à l'école, de façon progressive, avant de revenir au jeu, explique M. Fait. L'école demande attention et concentration; ça stimule le cerveau. C'est uniquement quand le retour à l'école se fait à 100 % qu'on peut envisager un retour au jeu sans mettre le jeune à risque de subir une autre commotion.»

Des effets à long terme

Pour un athlète de moins de 18 ans, les commotions cérébrales à répétition peuvent, en effet, entraîner des séquelles à long terme. «Après trois commotions cérébrales, les athlètes sont plus à risque d'en subir d'autres, note-t-il. Ça dépend aussi de la fréquence des commotions, mais pour un cerveau en développement, on risque d'avoir des changements à long terme.»

On a déjà vu, chez les professionnels, des joueurs qui ont dû mettre fin à leur carrière après avoir subi des commotions cérébrales à répétition, comme Eric Lindros, au hockey, ou Roger Staubach au football. «Le point de non-retour ne se calcule pas en fonction du nombre de commotions, explique toutefois M. Fait. Ça dépend du type de commotion. Un athlète peut en subir plusieurs sans que ça l'affecte à long terme, alors qu'un autre n'en aura qu'une seule qui peut mettre fin à sa carrière.»

Ces dernières années, la Ligue nationale de football a mis en place plusieurs mesures pour enrayer les commotions cérébrales, notamment en limitant le nombre de coups à la tête que peut recevoir un joueur durant les entraînements, ou en plaçant dans les estrades un arbitre chargé de détecter les commotions durant un match. Au niveau des jeunes, par contre, la prévention reste le meilleur remède. «Je donne des conférences pour permettre aux entraîneurs de bien évaluer les symptômes, et pour sensibiliser les jeunes et leurs parents à la question des commotions, explique M. Fait. C'est important que le jeune voit son médecin et qu'il soit au repos complet, autant physique que cognitif (pas de lecture, pas de jeux vidéo, etc.).»

Il reconnaît toutefois que les jeunes athlètes ont parfois du mal à appliquer ces conseils. «Le jeune qui est habitué d'être toujours avec ses amis peut même en arriver à montrer des signes de dépression, note-t-il. D'ailleurs, c'est prouvé qu'ils sont plus à risque d'être dépressifs après six commotions cérébrales ou plus.»

Le milieu scientifique a fait de grands progrès depuis l'époque où les entraîneurs se moquaient des joueurs se plaignant d'un mal de tête. «Dans les dix dernières années, il y a eu une explosion de la recherche sur les commotions cérébrales, et de la prévention, constate Philippe Fait. La commotion cérébrale est une blessure invisible, pour laquelle le meilleur traitement, c'est la prévention.».

Retour à la liste des chroniques