L’implication possible du diaphragme dans vos maux de dos

Un adulte respire en moyenne 12 fois par minute. Cela représente 19 440 cycles d’inspiration et d’expiration dans une journée, 136 080 dans une semaine et 7 076 160 dans une année. Il s’agit donc d’un mouvement répétitif majeur nécessitant une coordination adéquate. Votre respiration rythme vos activités quotidiennes et vous permet d’apporter l’oxygène nécessaire à l’ensemble de votre corps pour pouvoir vaquer à vos occupations. Elle va non seulement s’accélérer lorsque vous faites du sport et ralentir pendant votre sommeil, mais peut également changer sous certaines conditions, comme l’effet du stress ou de la douleur persistante.

La respiration est un processus à la fois actif (qui demande un effort musculaire pour faire entrer l’air dans les poumons) et passif (à l’expiration régulière, lors de la relaxation des muscles et par le recul élastique des poumons, pour faire sortir l’air). Le principal muscle respiratoire s’appelle le diaphragme.

                                           

                                                                                                                                                                                         Atlas d’anatomie, Gilroy et al, 2010

Ce muscle est composé de trois sections ayant toutes en commun un tendon central en forme de coupole. L’une des sections s’attache sur les côtes 7 à 12, une deuxième forme deux piliers (droit et gauche) s’attachant sur la colonne vertébrale lombaire (L1 à L3) et la dernière s’attache en avant, sur la face arrière du processus xiphoïde (la pointe du sternum).

Respirez-vous surtout du haut du corps, avec la poitrine se soulevant vers l’avant? Si oui, votre diaphragme nécessite peut-être un coup de pouce! Votre physiothérapeute peut évaluer votre patron respiratoire et vous guider dans le réentraînement et l’optimisation de la contribution de ce muscle dans des tâches de contrôle moteur et dans vos exercices pour votre mal de dos. En effet, il existe un lien bien réel entre « mal de dos » et « diaphragme »! Par ses attaches sur les vertèbres de votre dos, le diaphragme contribue au contrôle de la colonne vertébrale (avec l’aide des muscles abdominaux) en la « rigidifiant » lors de mouvements venant « challenger » votre dos (Hodges et coll., 2005; Kolar et coll. 2010; Miyamoto et coll., 2002). Il joue ainsi un rôle postural. Chez un adulte en santé, le diaphragme réussit à coordonner ce rôle avec son rôle primaire respiratoire. Chez les patients présentant des douleurs au dos ou à l’articulation sacro-iliaque, le diaphragme se trouve dans une position plus élevée et se déplace différemment lors de sa contraction à l’inspiration, ce qui altère sa capacité à contribuer au contrôle de la colonne (Kolar et coll., 2012; O’Sullivan et coll., 2002). Des études ont démontré que la mauvaise coordination des rôles postural et respiratoire du diaphragme dans une activité requérant l’utilisation des bras ou des jambes pouvait diminuer la stabilité de la colonne lombaire et potentiellement ainsi contribuer à entretenir la douleur dans différentes tâches telles que soulever des charges (Kolar et coll., 2012; Hodges et coll., 2001; Hodges 2017). Les patrons respiratoires altérés sont associés aux problèmes de contrôle moteur chez ces patients (Roussel et al, 2008; O’Sullivan et coll., 2002).

Des programmes d’exercices respiratoires sont cliniquement efficaces pour réduire la douleur lombaire persistante et améliorer la qualité de vie (Anderson et coll., 2017). Des applications gratuites telles que RespiRelax sur votre téléphone intelligent peuvent aussi vous aider à prendre davantage conscience de votre respiration et à l’optimiser. N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’information.

À vos marques, prêts, respirez!

 Références :

  1. Hodges, P., I. Heijnen and S. Gandevia (2001). "Postural activity of the diaphragm is reduced in humans when respiratory demand increases." The Journal of Physiology 537(3): 999-1008.
  2. Hodges, P.“ The diaphragm, postural control & low back pain in patients with COPD”. Conference at European Respiratory Society Congress. Milan (Italy). 2017.
  3. Kolár P, Šulc JAN, Kyncl M, et al. Postural Function of the Diaphragm in Persons With and Without Chronic Low Back Pain. J Orthop Sport Phys Ther. 2012;42(4):352-364.     doi:10.2519/jospt.2012.3830.
  4. Kolar P, Sulc J, Kyncl M, et al. Stabilizing function of the diaphragm : dynamic MRI and synchronized spirometric assessment. J Appl Physiol. 2010;109:1064-1071. doi:10.1152/japplphysiol.01216.2009.
  5. Miyamoto K, Shimizu K, and Madusa K. Fast MRI used to evaluate the effect of abdominal belts during contraction of trunk muscles. Spine. 2002; 27(15):1749-55.
  6. O'Sullivan PB, Beales, DJ, et coll. Altered Motor Control Stratgies in Subjects with Sacroiliac Joint Pain During the Active Straight-Leg-Raise Test. Spine. 2002; 27(1):E1E8.
  7. Roussel N, Nijs, J, et coll. Altered breathing patterns during lumbopelvic motor control tests in chronic low back pain: a case-control study. Eur Spine J. 2009; 18: 1066-73.

La physiothérapie à la suite d’un AVC

Définition et signes d’un AVC

L’accident vasculaire cérébral, mieux connu sous le nom d’AVC, frappe environ 20 000 personnes par année au Québec et consiste en une diminution importante (voire un arrêt) de la quantité de sang acheminée au cœur ou au cerveau (1). Il est crucial de savoir reconnaître les signes d’un AVC, les premières minutes et premières heures étant cruciales pour la vie de la personne, mais également pour réduire les impacts physiques et psychologiques sur les activités de la vie quotidienne et au travail. En effet, 1,9 million de cellules cérébrales meurent dans les premières minutes qui suivent un AVC, selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC (2). La Fondation suggère l’acronyme « V.I.T.E » pour vous aider à reconnaître les signes d’un AVC et réagir rapidement.

 Physio suite AVC

Suivre des cours de réanimation cardio-respiratoire (RCR) peut vous outiller pour vous permettre de réagir adéquatement en attendant les ambulanciers et de maintenir une certaine circulation du sang auprès de la personne inconsciente grâce à des compressions cardiaques et à la technique du bouche-à-bouche. Différents cours sont offerts à la population générale ne travaillant pas dans le domaine de la santé.

Séquelles possibles d’un AVC

Selon l’endroit, la sévérité de l’AVC subi, le délai de prise en charge à l’hôpital et différents facteurs environnement et personnels, les séquelles possibles d’un AVC vont varier. Elles peuvent toucher aussi bien vos habiletés à comprendre et à communiquer que vos émotions, votre mémoire, votre vision, votre équilibre, votre capacité à bouger les jambes et les bras, votre coordination et plusieurs autres aspects neurologiques (3). Une équipe multidisciplinaire (composée de médecins, infirmières, physiothérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, etc.) encadre la réadaptation initiale. Des physiothérapeutes formés pour la prise en charge à la suite d’un AVC peuvent vous accompagner aussi bien dans les premiers jours à l’hôpital que dans les premières semaines et premiers mois en centre de réadaptation suivant l’événement (la majorité de la récupération se fait dans les premiers 3 à 6 mois après l’AVC (3) ) ou lorsque vous êtes de retour à votre domicile.

Physiothérapie et AVC

Lorsque vous venez consulter en physiothérapie à la suite d’un AVC, nos physiothérapeutes font une évaluation complète fonctionnelle de vos capacités, c’est-à-dire qu’ils dressent un portrait actuel de ce que vous êtes capable de faire et des difficultés rencontrées dans des mouvements et activités importantes pour votre autonomie. Ils peuvent ensuite vous guider dans des exercices visant à améliorer votre force; la précision de vos mouvements; l’équilibre dans vos déplacements et lorsque vous êtes debout, immobile; votre distance de marche; votre façon de marcher avec ou sans accessoire de marche et bien plus encore.

N’hésitez pas à nous contacter pour avoir plus d’informations et restez à l’affût des signes!

Références

  1. http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/traumatismes-et-traumatologie/avc/
  2. http://www.coeuretavc.ca/avc/signes-de-l-avc
  3. Evidence-based review of Stroke rehabilitation, http://ebrsr.com/sites/default/files/Chapter 3_Background Concepts in Stroke Rehabilitation.pdf

Qu'est-ce qu'une commotion cérébrale?

11 mai 2014

Davy Arnaud, capitaine de l’Impact de Montréal, ayant déjà évolué avec l’équipe nationale américaine a manqué 8 semaines de compétition cette saison en raison d’une commotion cérébrale. La blessure s’est produite le 1er mai 2013, à la 48e minute de jeu lors de la victoire de 6-0 de l’Impact contre Toronto FC au Championnat canadien Amway. Lors de d’un coup de pied de coin d’un adversaire, Davy Arnaud a tenté un dégagement de la tête et il a compris immédiatement après le contact que quelque chose n’allait pas. Il avait subi une commotion cérébrale.

Qu’est-ce qu’une commotion cérébrale?

C’est un processus physiopathologique complexe affectant le cerveau. Elle peut survenir suite à un coup direct ou indirect à la tête, au cou, au visage ou suite à un coup porté au corps engendrant une force d’impact amenant une énergie jusqu’à la tête (par exemple, une chute sur les fesses).

Les symptômes se produisant suite à la commotion cérébrale englobent mais ne se limitent pas à : Avoir un mal de tête, être étourdi, présenter une altération de l’état général (se sentir sonné, confus, mêlé, ralenti, bizarre, etc…), subir des problèmes d’équilibre.  Il est aussi possible que l’athlète ait la vue embrouillée, ou perde une partie de son champ visuel. D’autres symptômes, comme des problèmes de mémoire, avoir des convulsions ou perdre conscience, peuvent aussi survenir.

Il est important de se préoccuper rapidement de la commotion cérébrale car elle peut avoir des effets importants sur la qualité de vie et la santé mentale de l’athlète. De plus, les risques d’en subir de subséquentes augmentent suite à la première, sans compter qu’il est connu qu’il existe un effet cumulatif à moyen et long terme.

Que faire lorsqu’ on soupçonne une commotion cérébrale?

Il faut retirer l’athlète immédiatement de l’activité sportive en cours. Une évaluation par du personnel médical est alors de mise afin de gérer le risque de complications médicales graves. Il est important de consulter des professionnels de la santé spécialisés en sport. Par la suite, il est important de s’occuper de la gestion des symptômes persistants et des effets néfastes sur les habitudes de vie (études, travail et les activités sportives).

Quelques recommandations suite à une commotion cérébrale :

1-Voir rapidement un professionnel de la santé spécialisé en sports. Se présenter immédiatement à l’urgence si l’état de l’athlète se détériore (perte de conscience, , vomissements, maux de tête intenses et augmentant avec le temps etc…).

2-Prendre des précautions pour ne pas subir une nouvelle blessure à la tête lors de la convalescence, et ce dans tout type d’activité.

3- Instaurer du repos cognitif (par exemple stopper télévision, les jeux vidéo, les devoirs ou la lecture) et du repos physique.

4- Arrêter toute consommation d’alcool et ne pas prendre de drogues ni de boissons énergétiques ou tout autre type de stimulants.

5-Adopter une bonne hygiène de vie globale.

Les principes et étapes de retour à l’activité physique se divisent en 6 étapes distinctes toutes séparées par au moins 24 heures sans symptômes. L’idéal est de programmer le retour au sport sous la supervision d’un professionnel de la santé spécialisé en blessures sportives. Concernant les athlètes pédiatriques (enfants et adolescents), il est important de prendre une période de récupération sans symptômes plus longue et de faire un retour à l’apprentissage (devoirs, école) avant tout retour au sport.

Voici les 6 étapes de base :

1-Aucune activité / Repos et gestion des symptômes en attente d’un état asymptomatique

2-Exercices aérobiques de faible intensité

3-Exercices aérobiques intense (sans aucun risque d’impact)

4-Progression vers des exercices plus complexes et début progressif d’exercices de résistance SANS risque de contact, impliquant des gestes techniques du sport.

5-Participation à un entraînement en totalité avec risque de contact   

6-Retour au sport          

Franchir chacune de ces étapes, une par jour au maximum, sans qu’il y ait retour de symptômes. La progression se fait si et seulement si aucun symptôme n’est déclenché. Dans le cas où le passage à une étape génère la venue de symptômes, il est alors nécessaire de cesser l’activité et de se  maintenir à l’étape précédente jusqu’à un état sans symptôme et recommencer ensuite la progression.

Bon retour au jeu en bonne santé !       

 

Source: Magazine OJEU, webzine officiel de la Fédération de soccer http://www.myvirtualpaper.com/doc/ojeu/ojeu_mai_2013/2013052101/#0

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