Traumatismes crâniens: bien traiter demande du temps

23 février 2011 Écrit par Pierre Pelchat, Le Soleil du 23 février 2011

Foi d'expert, Sidney Crosby a raison de prendre tout son temps pour bien récupérer de la commotion cérébrale qu'il a subie, il y a quelques semaines.

«Le cas de Sidney Crosby est présentement très bien géré parce qu'il ne revient pas trop vite au jeu. Pour les joueurs qui sont revenus trop vite, on voit que la deuxième et la troisième commotions cérébrales sont beaucoup plus longues à guérir et beaucoup plus complexes à s'occuper. Quand on réussit à traiter la première comme il faut, on a de bien meilleurs résultats», a dit, hier, le propriétaire de la première clinique privée pour le traitement de traumatismes crâniens légers à Québec, Philippe Fait.

M. Fait, qui a fait un doctorat à l'Université Laval sur les commotions cérébrales, a tenu ces propos au Soleil en marge de l'ouverture officielle de la clinique Cortex Médecine et Réadaptation située dans le secteur Sainte-Foy. Le spécialiste était entouré de deux médecins qui détiennent un certificat en médecine sportive, de trois physiothérapeutes, d'une neuropsychologue et du thérapeute des Remparts.

«Ici, nous avons au même endroit tous les professionnels spécialisés pour les commotions cérébrales. Nous pouvons faire une prise en charge complète, un suivi avec des professionnels sans avoir à nous déplacer. Ça s'apparente au suivi d'une équipe professionnelle. En plus, on se sert des équipements du HardGym Performance à l'étage en dessous pour faire faire des exercices sous supervision», a indiqué M. Fait.

On commence les premiers exercices physiques quand le joueur n'a plus de symptômes et de maux de tête. «On utilise un appareil pour évaluer l'équilibre des personnes. On leur fait faire des exercices. On mesure leur temps de réaction. Après, il y a des tests de neuropsychologie», a expliqué le spécialiste qui déconseille fortement de faire des exercices sans supervision.

Commencer doucement

«On commence un protocole d'exercices qui est hyperprécis. On va monitorer la personne avec son rythme cardiaque. Si un symptôme apparaît ou augmente, on arrête. On commence tranquillement. On a des séquences à suivre. La récupération est beaucoup plus rapide quand on fait ces exercices», a-t-il ajouté.

Selon M. Fait, le traitement à la suite d'une commotion cérébrale aura un effet bénéfique sur la confiance. «Les personnes qui ont subi une commotion cérébrale vont avoir une perte de confiance. Elles vont agir différemment. Les tempéraments changent un peu. Les émotions sont plus à fleur de peau. Quand elles sont prises en charge, elles se remettent plus rapidement», a-t-il souligné.

Les services de la nouvelle clinique Cortex s'adressent avant tout aux athlètes et aux sportifs de 10 ans et plus, qu'ils soient dans un niveau compétitif ou simplement récréatif. Les frais sont généralement couverts par les assurances privées des associations sportives, dont Hockey Québec et Soccer Québec si le joueur a été blessé lors d'une partie.

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